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Quelles sont les conséquences de la pollution plastique ?

Dernière mise à jour : 28 juin

On parle souvent du dérèglement climatique en l’associant directement à nos émissions de CO2 ! A côté de ça, la pollution plastique, elle, reste encore impalpable dans notre quotidien et bien souvent sous-estimée dans les causes de ce dérèglement. Pour cause, on pointe largement du doigt ceux qui semblent être les grands coupables c’est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre. Si l’effet de serre est un sujet majeur et important, le dérèglement de nos écosystèmes marins et terrestres par le plastique est lui, un sujet sur lequel nos actions peuvent avoir un impact direct. Sa difficile dégradation a pour conséquence son accumulation partout dans notre environnement. Il s’incruste dans les sols, envahi le milieu marin et s’infiltre dans notre organisme. Cette pollution a des conséquences et des effets déjà visibles et alarmants.


bouteille plastique plage

La production de plastique en constante augmentation depuis 1950


Depuis les années 1950, le monde a produit 9 milliards de tonnes de plastique. C'est en effet à partir des années 50 que les premiers produits en matière plastique sont mis sur le marché. Le plastique est léger, très résistant et peu couteux. Par conséquent, il sera fabriqué et utilisé massivement dans les industries et en entreprises particulièrement dans une perspective d’usage unique. Si sa production a été un acteur dans la croissance économique post Seconde Guerre Mondiale, sa production n’a cessé d’augmenter depuis de manière exponentielle et toujours plus rapidement. D’environ une tonne produite en 1950, on passe à 100 million en 1985, pour atteindre le chiffre vertigineux d’un peu plus de 200 million en 2000.



À l’heure actuelle, nous produisons près des 400 millions de tonnes de plastique par an et les statistiques prévoient une production qui dépassera les 600 millions de tonnes en 2030.

Fin 2021, la fondation WWF a révélé que le coût réel de la matière était dix fois plus élevé que son coût de production. Pourquoi ? Parce que la production mondiale de plastique est devenue telle qu’en 2019, la gestion de cette matière difficilement dégradable aura coûtée « l’équivalent du PIB de l’Inde, soit 3 700 milliards de dollars ». Ce coût « caché » contraint beaucoup d’acteurs et de pays à délaisser son retraitement. Par conséquent, 79% de cette production effrénée se transforme en déchets, polluant massivement les mers et les océans.


La pollution plastique en milieu marin


Les déchets plastiques font partie des ordures les plus ramassées en milieu marin. On y trouve notamment des bouteilles, des emballages alimentaires, des sacs, des gobelets, des bâtons de sucette. Ce sont en tout 10 millions de tonnes de déchets qui sont rejetés par la mer chaque année. Rien qu’en Mer Méditerranée, le poids des détritus en plastique rejeté est de 600 000 chaque année, c’est-à-dire le poids total d’environ 3 000 Boeings 747 !

Parmi les 79% de déchets non traités, seulement 0,5 % de cette quantité dérive à la surface de la mer. 39 % flottent entre le fond et la surface ou dans les profondeurs en haute mer. 33,7 % se trouvent sur le littoral et dans les bas-fonds et 26,8 % dérivent dans les eaux côtières. Mais cela est sans compter les micro-plastiques présents sur les plages et les déchets au fond des abysses, qui ne sont pas quantifiables.


Les conséquences de la pollution sur l’écosystème sous-marin :

  • La dégradation et la destruction de l’habitat naturel des espèces marines

  • Un bouleversement dans l’environnement marin car des espèces franchissent, transportées par le plastique, des barrières biogéographiques,

  • La mort de d’environ 100 000 mammifères marins qui s’étouffent, développent des pathologies par l’ingestion du plastique ou par l’exposition aux produits chimiques contenus dans celui-ci.

  • Une étude de 2021 a répertorié 386 espèces de poissons ayant ingéré du plastique sur 555 testées, contaminant ainsi la chaîne alimentaire.

  • La mort de plus d’un million d’oiseaux. Selon une étude publiée récemment, plus d’un quart des décès des oiseaux de mer sont liés à la consommation de plastique. Ces derniers le confondent avec les organismes dont elles se nourrissent.

  • Une menace alimentaire pour les amphibiens tels que les tortues. En effet, une quantité importante de micro-plastiques se dépose dans les algues qui constituent la principale source de nourriture des bébés tortues.

En conclusion, aucun animal marin n’échappe aux conséquences de la pollution plastique. Non biodégradable, elle continue à être exister sous forme de microparticules au cœur des océans. Mais pas seulement dans l’océan. C’est tout notre environnement qui fait face à cette contamination.


Le plastique, un polluant sous-estimé dans l’environnement


Le réchauffement climatique est de nos jours au cœur des débats. Mais la menace de la pollution par le plastique est bien réelle. Voici quelques chiffres montrant l’impact néfaste sur notre environnement :

  • Une étude menée par Orb Media concernant la contamination de l’eau du robinet démontre que des microparticules de plastique sont présentes dans 81% des échantillons d’eau analysés, partout dans le monde.

  • Le déchet plastique incinéré libère dans l’environnement immédiat de nombreuses substances toxiques, telles que le plomb ou le mercure. Pourtant, en 2015, 12 % des plastiques ont été traités de cette manière.

  • D'après les estimations de la Commission européenne, la production et l’incinération du plastique sont responsables de l’émission 400 millions de tonnes de CO2 dans le monde chaque année, soit 1/3 de plus que les émissions de CO2 annuelles de la France. Cette matière provoque donc d’émissions de gaz à effet de serre.

On constate que le plastique est à l’origine d’une pollution qui contamine toutes les zones environnementales (air, eau et sol), mais également tous les éléments avec lesquels lui et ses dérivés sont en contact. Et ceci est problématique notamment pour l’Homme.


Les conséquences de la pollution plastique sur la santé


Selon une équipe de chercheurs canadiens, un homme adulte peut ingérer jusqu’à 52 000 microparticules de plastique par an, selon train de vie. Cela revient à 5 grammes par semaine, soit l’équivalent d’une carte de crédit. Cette omniprésence du plastique dans notre dans l’environnement, dans l’air que nous respirons représente un danger sanitaire pour l’homme. En effet, ce produit est en continuelle interaction avec notre environnement finit par s’infiltrer dans notre corps, par ingestion, chaîne alimentaire oblige, par inhalation ou en contact direct. Ainsi, de plus en plus de microfibres et microparticules plastiques sont retrouvées dans les tissus humains et le système sanguin. Ils peuvent potentiellement remonter jusqu’aux poumons pour les particules les plus fines d’entre elles. Les effets sur la santé de cette infiltration peuvent être divers :

  • impacts sur le système immunitaire et le système respiratoire,

  • perturbations endocriniennes,

  • baisse de la fertilité,

  • hausse des risques de cancers…

Les menaces sur la santé concernent tous les individus mais davantage les personnes exposées de façon prolongée : les travailleurs dans le domaine du plastique, les riverains d’usines, les consommateurs quotidiens de produits plastiques. Dans la liste des publics vulnérables, on peut également ajouter les enfants, les nourrissons et les femmes enceintes.

Ces effets de la pollution plastique sont réels, néanmoins encore mal connu et ne peut donc pas être appréhendé de manière précise.


On ne le répètera jamais assez mais le meilleur déchet restera toujours celui que l’on ne produit pas !


Pour aller plus loin, lire notre post sur ce que deviennent nos déchets plastiques en plastique.


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